Affichage des articles dont le libellé est faut être costaud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est faut être costaud. Afficher tous les articles

jeudi 17 mars 2011

das Flugzeug

Voici comment tout a commencé.

J’étais seul avec les garçons et je m’affairais dans la cuisine. Un silence relatif régnait dans l’appartement et comme il n’y avait pas de pleurs, j’en profitais pour avancer dans la préparation du repas des
fauves.
Emmo arriva dans la cuisine en déclarant d’un ton enjoué : « Papa, Emmo a rangé sa chambre »
Je ne sais pas
pourquoi mais j’ai eu comme une soudaine appréhension malgré le sourire de mon fils. Je le suivis jusqu’à sa chambre et en entrant j’eu en effet l’espace d’une à deux secondes tout au plus, la vision d’une chambre totalement rangée. Puis, l’œil ayant envoyé les informations au cerveau, je rectifiais tout de suite l’information : la chambre était totalement VIDE de jouets, livres, poussette, puzzles et autres caisses de LEGO®.
Mon regard se porta lentement vers la gauche où se trouve le lit d’Emmo et là, au milieu d’un amoncellement de crayons de couleur, de coussins, de tricycle, de peluches, de mobilier d’enfant et de tout ce que j’ai cité plus haut, Viggo me regardait d’un air placide.



« J’ai fait un Fluzeug" me dit Emmo. Flugzeug voulant dire avion, je ne lui fis pas remarquer que c’était plutôt un avion-cargo (das Frachterflugzeug) qu'ils avaient construit là. Depuis, mes deux lascars trouvent les idées plus extravagantes les unes que les autres pour concevoir leur Flugzeug.

Quelques exemples



Au fil des mois, cela a évolué bien sûr et maintenant, ils n’investissent plus que le dessous du lit d’Emmo qui au fil des derniers jours est devenu une caverne d’Ali Baba. Il faut avouer qu’il y règne un certain ordre même si je n’y vois- moi qu’un chaos total.
La femme de ménage a pour l’instant interdiction de toucher à cet endroit.

Photographies du lieu






samedi 11 décembre 2010

STATION 7 (2)

voici mes compagnons d'infortune:

Herr Lenz


Günther


Jens



STATION 7


Dans ce grand hôpital berlinois qu'est le "Klinikum Im Friedrichshain", la station n°7 est un petit bâtiment en brique rouge comme je les aime. Il est situé tout au fond de l'hôpital, à gauche contre le mur d'enceinte qui le sépare du parc de Friedricshain et c'est là je j'ai pris 8 jours de repos forcé. Dans ce bâtiment de la neurologie, deux sortes de patients: ceux qui penchent à gauche et ceux qui penchent à droite. J'étais de la bande de ceux qui penchent à gauche et pas peu fier de l'être. Bien content d'y être arrivé après deux jours passés aux soins semi-intensifs. Là bas, j'avais comme voisin de chambre Herr Lenz, rentré le même jour mais dans un plus sale état que moi. Il était tombé d'un coup dans ses toilettes: on ne dira jamais assez combien c'est mauvais de pousser trop fort dans ces moments-là. Il était complètement désorienté et branché de partout. Il devait avoir dans les 75 ans et voulait absolument sortir du lit. Il était donc mains liés et TOUTE la nuit s'est acharné à se libérer et sortir tout en n'ayant pas conscience d'être à l'hôpital. De temps en temps, il s'arrêtait juste le temps de dire "j'y arrive pas,aidez moi !" puis il se remettait au travail. J'ai dû dormir une heure et il m'arrivait de sonner les infirmières car Herr Lenz s'était coincé les jambes dans les barreaux du lit. Ensuite, toute la journée, ce salopard a dormi comme une souche au point que le personnel venait lui hurler dans les oreilles "Herr Lenz, réveillez vous !" afin de lui faire avaler ses médicaments. Heureusement, la deuxième nuit a été plus calme et j'ai pu un peu me reposer entre les nombreuses allées venues du personnel. Le lendemain midi, j'ai donc été envoyé dans la Station N°7. Bien que pouvant marcher, c'est une femme d'un certain âge qui m'a amené dans un fauteuil roulant dans la neige et le froid jusqu'au bâtiment: je pense que j'aurais pu la mettre dans le fauteuil tant elle soufflait la pauvre... Je me suis encore retrouvé dans une chambre à deux lits et mon voisin était un homme (Günther), lui aussi dans les 70 ans. Il me fixait dans les yeux lorsqu'il me parlait et je fixais aussi ses beaux yeux bleus, surtout pour ne pas voir les 4 dernières dents noires qui lui restaient dans la bouche. Il avait un accent Est-Berlinois a couper au couteau et autant vous dire que je ne comprenais pas grand-chose de ce qu'il me disait et pourtant, il n'arrêtait pas de me parler. J'ai quand même compris qu'il était chômeur et que lui et sa femme vivait d'aides sociales. Il était très gentil, sa vie n'avait très certainement pas été facile. Il est sorti le lendemain matin après m'avoir fait profiter toute la nuit d'un concert de pets (non odorants) et de ronflements. Entre-temps, j'avais rencontré Jens dans les couloirs, quelqu'un de très sympathique (un penche à gauche comme moi) et nous avons décidé de cohabiter dans ma chambre car celle-ci bénéficiait de deux fenêtres sur pignon au 3ème étage (voir photo). Le même âge que moi, il montait des expositions de peintures et de photographies pour de grands musées. On se respectait l'un et autre en faisant attention de ne pas empiéter sur nos intimités (très dur dans ces endroits). Lorsqu'il est parti, j'ai demandé une chambre seul car je n'avais plus envie de raconter mon histoire à nouveau ou de risquer d'avoir un maniaque de la télévision. J'en ai profité pour lire deux livres très recommandables: Patti Smith "Just Kids" et Keith Richards "Life" qui vaut beaucoup mieux que la caricature qu'en ont donné les journaux, du genre "Mick a un petit kiki". Je suis tombé sur un neuropsychologue qui parlait français et heureusement car les tests qu'il m'a fait faire dépendaient aussi de la rapidité à laquelle je répondais. Il partait ce weekend à Paris et était très content de pouvoir s'exercer dans la langue de Houellebecq avec moi: donnant donnant quoi ! Me voici de nouveau à la maison et heureux de l'être. Emmo et Viggo m'ont sauté dans les bras et je n'en demandais pas plus... LIFE

vendredi 10 septembre 2010

improvisation matinale

Emmo m'a proposé de l'accompagner au ukulele pour une improvisation de danse.
Je tiens à m'excuser auprès des VRAIS musiciens.


.

mercredi 16 juin 2010

U Bahn

Et voilà, depuis le mois de mai et jusque novembre, le U2 aérien qui passe non loin de nos fenêtres est fermé pour cause de totale réfection. Le beau temps est revenu sur Berlin mais difficile de supporter le vacarme qui dure six jours sur sept de sept heures à dix-huit heures. Nos fenêtres restent donc closes la plupart du temps.
Bien sûr, nous pourrions les ouvrir le soir…
...mais c’est l’heure des matchs de foot et nous avons un bar en bas de chez nous !

VIDEO

jeudi 25 février 2010

Tétine Blues

Samedi dernier, le 19 février 2010, nous avons vécu ce que nous sommes en droit de comparer à la reddition de la VIe armée allemande du Maréchal Friedrich Wilhelm Ernst Paulus le 2 février 1943 à Stalingrad.
Ce jour-là, Emmo s’est décidé à faire appel à la « fée tétine » afin qu’elle vienne récupérer ses deux dernières exemplaires en échange d’un cadeau âprement discuté avec ses parents depuis des semaines: un ukulélé de couleur rouge.
Des signes avant-coureurs nous laissaient prévoir une issue proche lorsque la veille, le vendredi 18 mars, après une mauvaise manipulation d’Alex lors de l’ébouillantage d’une tétine, celle-ci fut mise hors d’usage (voir photo).


Légèrement abattu mais non-vaincu, Emmo se décida à aller se coucher avec le dernier exemplaire tout en maugréant car il n’y avait plus assez d’air à son goût dans le plastique.
Le samedi matin, nous revenons donc à la charge pour lui vanter les mérites du ukulélé rouge et à notre grande surprise, il bondit de joie : « super, la fée tétine vient, plus de tétines »

Le Maréchal Friedrich Wilhelm Ernst Paulus avait signé sa reddition : quant à nous, bien obligé de faire confiance à notre Emmo Gustav Joseph Wellensiek.
Le midi, à notre retour de ballade, une belle caisse en carton attendait Emmo dans sa chambre avec un petit mot : « de la part de la fée tétine », ses deux tétines étant effectivement manquantes. Sur le coup de l’euphorie et à la vision de ce magnifique ukulélé rouge, Emmo ne fît aucun commentaire. Puis vînt l’heure de la sieste et les cris déchirants « je veux ma tétine, ma tétine, je veux ma tétine ». Vous me connaissez, je suis plutôt un dur à cuire, mais les cris de la chair de ma chair me donnaient des frissons. À force de discussions et après avoir concédé une sieste dans le lit de papa maman, Emmo fini par s’endormir. Depuis, ce cri déchirant perce de temps en temps la quiétude de notre appartement.
Mais au bout d’un moment, Emmo prend son ukulélé et compose des musiques certainement dédiées à ses tétines perdues à tout jamais.


En tout cas, cela ne lui a pas coupé l’appétit.
Vidéo ci-dessous


.

mercredi 25 novembre 2009

Hamster


Hier, je suis retourné chez Frau Doktor Sander afin de me faire arracher la dernière dent de sagesse qui ait échappé aux différents dentistes durant toutes ces années.
Rien de bien nouveau par rapport à la dernière extraction du 14 octobre : juste un peu plus de difficulté pour cette dent qui n’avait jamais pointé le nez hors de la gencive.
Avant que je ne sorte de son cabinet, Frau Doktor Sander me donne quelques recommandations : pas de gargarisme, ne pas me brosser les dents aujourd’hui sur la cicatrice, ne pas me moucher fortement à cause des sinus.
Je rentre à la maison et me prépare un repas avec des aliments coupés finement.
Avec Alex, nous discutons autour de la table et sans y réfléchir, je me mouche comme j’en ai l’habitude.
À ma grande horreur, ma joue se gonfle instantanément du côté de la blessure comme si j’avais soufflé dans un ballon de baudruche.
Dans la salle de bains, devant le miroir, en appuyant d’un doigt délicat sur le renflement, j’entends un bruit qui ressemble à une éponge que l’on serre doucement entre les doigts.
Je me dis que Frau Doktor Sander ne va pas être contente du tout et je suis tout de même un tantinet anxieux des conséquences de mon étourderie.
Je vais chercher ensuite Emmo à la crèche sous les regards interrogateurs des mamans et papas. J’ai une phrase toute faite que m’a traduite Alex « Ich habe einen Weissheitzahn gezogen bekommen « soit en Français « je viens de me faire arracher une dent de sagesse »

Ce matin, je suis retourné voir Frau Doktor Sander en baissant la tête.
Elle m'a appuyé délicatement sur la joue qui a de nouveau fait un bruit d’éponge que l’on serre doucement entre les doigts et elle m’a rassuré, me revoyant chez moi avec une boîte d’antibiotique.

Pas d’alcool pendant une semaine : quel crétin je fais
.

mercredi 14 octobre 2009

RAGE



Je pense que chaque dentiste a certainement voulu une fois dans sa vie être à la place de Laurence Olivier dans Marathon Man lorsqu’il passe la roulette dans la bouche de Dustin Hoffman.

J’allais donc voir la dentiste d’Alex, Frau Doktor Susanne Brunotte, car j’avais ce qui me semblait être une infection entre les deux molaires droites.
Bingo, je ne m’étais pas trompé.
Elle m’expliqua qu’il me fallait rapidement voir un spécialiste de la mâchoire car la poche de l’infection se situait à la base d’une molaire dévitalisée et elle me raconta par le menu avec beaucoup de gentillesse que ce spécialiste allait me percer un trou dans la gencive afin d’atteindre la base de la dent, la raboter de deux millimètres et fermer les canaux.
Elle me serra la main en me souriant le plus aimablement du monde tout en me disant de ne pas traîner.
Vendredi dernier donc, je me rendais à mon rendez-vous chez Frau Doktor Sander sur le KuDamm afin de régler ce petit désagrément. Je ne suis jamais très à l’aise sur un fauteuil de dentiste et je porte toujours un maillot de corps léger car je suis assez rapidement pris de sudation et c’est avec une LEGERE appréhension que je m’asseyais au milieu d’une pièce blanche complètement aseptisée. Après avoir été anesthésié localement à l’aide d’une seringue dont l’aiguille me semblait bien trop grosse et après avoir attendu une demi-heure en salle d’attente que ma mâchoire devienne insensible, je regagnais mon fauteuil, essuyant mes mains moites sur mon pantalon en jean ALBERTO T400®.

L’option forage de la gencive s’avéra de suite n’être pas adapté car l’infection n’aurait fait que se répéter. L’option arrachage de la molaire fut alors suggérée et même plus que suggéré puisque cette Laurence Olivier allemande avait déjà en main l’outil qui allait extraire la dent (cela ressemble en plus petit à une pince servant à enserrer les escargots pour les déguster)
Je m’essuyais les mains une nouvelle fois dans mon pantalon et Frau Doktor Sander commença, tout en fredonnant IMAGINE de John Lennon qui passait à la radio, à pivoter sa pince à escargot de droite à gauche dans un bruit de petit-bois sec que l’on casse.
La dent ne résista pas longtemps et ce fût ma foi certainement bien moins pire que l’option forage de gencive.

Sur le chemin pour me rendre à ce rendez vous, j’avais longé le parc de Tiergarden depuis Postdamerplatz jusqu’à l’une des avenues qui mène au Siegessäule (la colonne et l’ange du film les ailes du désir de Wim Wenders)

Une ballade sous les arbres toujours très agréable
.